Lettre ouverte des salariés de Veolia à leur Président Directeur Général, Antoine FREROT

le 21 février 2012

Lettre ouverte de salariés de Veolia à leur Président Directeur Général, Antoine FREROT

Monsieur le Président,

Nous sommes de nombreux salariés de Veolia, fidèles à notre Groupe depuis de nombreuses années, à déplorer les spéculations dont la gouvernance de notre entreprise ferait l’objet depuis quelques jours.

Tout ceci tend à réduire notre Groupe, les collaborateurs qui y travaillent, ses clients et partenaires, à un état d’objet d’ambitions personnelles.
Nous sommes nombreux à vouloir vous soutenir et faire face à cette entreprise de déstabilisation orchestrée par des intérêts particuliers, vraisemblablement prêts à sacrifier la sérénité dont notre Groupe a besoin pour se reconstruire, au profit d’enjeux de pouvoir sans rapport avec nos objectifs.

Ces spéculateurs d’un autre temps auront certainement oublié trop vite que Veolia est le premier employeur du CAC40 avec plus de 300.000 salariés à travers le monde et environ 26.000 cadres qui n’entendent pas voir leur avenir mis en danger par des appétits égoïstes et partisans.
Si certains se sentent certainement concernés par le dossier Veolia, nous sommes pour notre part, directement impliqués. Et nous n’entendons pas voir notre belle maison Veolia se transformer en lieu de villégiature pour personnalités en déshérence ou en attente de repositionnement. Notre groupe, comme les autres, doit rester le lieu de la promotion du mérite, de la compétence et du travail ; valeurs si chère à nombre de responsables en campagne.

Vous avez pris en décembre 2010 la Présidence de notre Groupe qui se trouvait dans une situation qu’aucun capitaine d’entreprise n’aurait estimé appréciable.

Nous travaillons chez Veolia sur des cycles économiques et contractuels longs portés par nos contrats de délégation de service publique pour les collectivités territoriales et l’accompagnement des industriels dans la gestion de leurs « utilities ». Il faut donc énoncer les choses clairement, la situation économique actuelle de notre Groupe n’est que le résultat d’une décennie de gestion et ne peut en aucun cas être imputable à un Président récemment nommé. La ficelle est trop grosse.

Certes, notre santé financière est fragilisée. Les 17 milliards de dette dont nous avons hérités pouvaient difficilement être supportés par notre croissance d’avant-crise. Ils ne le sont plus maintenant, et notre cours de bourse n’aura pas résisté longtemps à cet héritage, avec une chute d’environ 60% depuis le 1er janvier.

Depuis votre nomination à la Présidence de Veolia en décembre 2010, vous avez eu le souci et le tact de ne pas renier cet héritage, mais au contraire de rassembler les collaborateurs de notre Groupe autour d’un projet de relance pour faire face à la nouvelle donne économique. Pour cela, un chantier de redressement appelé «Convergence» a été engagé «à rythme soutenu» afin de rassembler les forces de vives de notre Groupe autour de la construction d’un avenir réaliste et viable. Ce projet est en phase de lancement et la communication auprès de nos salariés en cours de programmation.
Nous n’entendons pas voir cette dynamique réduite à néant par l’appétit indécent de quelques-uns qui s’estiment être redevables par les services rendus à d’autres.

Nous nous adressons aussi, par ce courrier, aux administrateurs de Veolia qui pourraient se laisser convaincre le 29 février de faire des choix qui n’auraient d’autre conséquence que de sacrifier à des enjeux de pouvoirs personnels dont les salariés ne veulent plus, la stabilité nécessaire à notre Groupe pour se reconstruire.

Sachez, Monsieur le Président, pouvoir compter sur la fidélité des milliers de collaborateurs et cadres engagés à vos côtés sur la voie d’une reconstruction profonde de notre Groupe et qui ne se laisseront pas détourner de leur priorité : le service indéfectible à nos clients.